La startup allemande Beagle bouscule le marché de l'inspection aérienne grâce à ses drones longue portée. Conçus pour analyser les infrastructures énergétiques à distance, ils offrent une alternative plus rapide, précise et écologique aux hélicoptères traditionnels. Cette technologie “Made in Germany” ouvre la voie à une surveillance intelligente, automatisée et conforme aux exigences de l'espace aérien européen sécurisé.
Une technologie autonome prête pour l'espace aérien européen
Basée à Hambourg, Beagle développe un drone autonome décrit comme un ordinateur avec des ailes. L'appareil peut décoller seul, sans assistance humaine, et effectuer des vols longue distance dans l'espace aérien réglementé de l'UE. Ce système respecte les contraintes strictes imposées par l'Europe. D'ailleurs, Beagle peut aujourd'hui couvrir jusqu'à 80 % du territoire européen, à l'exception des zones trop densément peuplées. Cette capacité confère à l'entreprise un avantage concurrentiel fort.
Un modèle économique basé sur la donnée par kilomètre
Le modèle commercial de Beagle repose sur la vente de données collectées par drone. Un client envoie son tracé d'infrastructure (comme un pipeline) à Beagle, qui propose un devis au kilomètre. L'entreprise fournit alors des données de détection de méthane ou de détection de danger. Ce système permet une facturation claire et scalable. Selon Oliver Lichtenstein, les opérations sont déjà rentables en Allemagne, et le financement actuel servira à accélérer l'expansion.
Une alternative plus précise, moins coûteuse et plus verte
Beagle ne manque pas de concurrents : Intero, Adlares CHARM ou encore Nearmap aux États-Unis. Toutefois, l'entreprise affirme proposer une résolution 75 fois supérieure à celle des satellites, tout en étant moins chère que les avions et bien moins polluante. De plus, sa technologie reste entièrement développée en Europe. Cela assure un contrôle total des données, un facteur crucial dans un contexte géopolitique instable, où la souveraineté numérique devient primordiale.
Un drone civil… mais des usages potentiels militaires
Bien que Beagle insiste sur ses applications civiles, sa technologie pourrait jouer un rôle plus large. Nikolas Samios, partenaire de PT1, souligne l'intérêt de ce système dans un monde où les infrastructures critiques sont menacées. Surveillance en temps réel, détection d'attaques ou gestion de crises : les drones de Beagle pourraient être réutilisés dans un contexte de défense, sans nécessiter de modifications majeures. L'usage dual est donc un potentiel assumé.
Une équipe expérimentée à la manœuvre
À la tête de Beagle, on retrouve Oliver Lichtenstein, ancien membre du conseil consultatif sur les drones au ministère allemand des Transports. Il est accompagné de Jerry Tang, ingénieur en robotique, ainsi que Mitja Wittersheim et Bendix Böttger, ancien cadre chez Trustpilot. Ensemble, ils ont développé cette technologie après avoir collaboré sur la réglementation européenne des drones. Leur expérience réglementaire renforce la légitimité de Beagle sur un marché sensible et très encadré.
Un marché en pleine explosion réglementaire
Le contexte réglementaire évolue vite, et Beagle s'y inscrit parfaitement. En Europe, la législation exige un suivi renforcé des émissions de méthane. Le marché représentera à lui seul 2 milliards d'euros dans l'UE. Les États-Unis s'orientent vers une réglementation similaire, ce qui ouvre des perspectives mondiales. Grâce à son avance technologique, sa conformité réglementaire et son modèle clair, Beagle se positionne parfaitement pour capter cette croissance.
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